
Foals - Red Socks Pugie // A Take Away Show
Entrechoquements de mélodies sans jamais de cacophonies.





The Concubine, Mount Wroclai, Postcards from Italy, A Sunday Smile, St Apollonia, Nantes... Elles seront quelques unes à y passer, peut-être un peu trop de The Flying Club Cup, peut-être pas assez d'atmosphères balkaniques si chères à Gulag Orkestar, peut-être pas assez de plaines mexicaines arides et de désespoir noir tellement représentatifs de March of the Zapotec. Mais laissons les peut-être de côté. Dès la première chanson, ce grand enfant joufflu et son voisin trompettiste (mais pas seulement, l'homme a beaucoup de cordes à son arc) entament unissons, contre-chants et multiples hymnes dignes du Beirut en pleine possession de ses moyens. L'accordéon relève merveilleusement le tout, un tapis de notes continu, et le trombone à coulisse (était-ce ça ? je m'y connais peu en cuivres, malheureusement) assure un renforcement mélodique sans faille. La maîtrise vocale se fait tantôt poignante et touchante, tantôt enjouée et engagée, mais quoiqu'il arrive, toujours puissante. Son français n'est pas aussi impeccable, mais tout de même déjà impressionnant: il aime notre langue, ça se voit autant dans ses commentaires que dans les titres de ses chansons.
"Je n'imaginais pas que la salle serait si grande. Je suppose que je dois dire merci, la Belgique" (en anglais). Et puis une intervention du trompettiste pour demander à la sécurité de ne pas confisquer les appareils photos. Comme cadeau: la Javanaise de Gainsbourg, délicieusement rétro, mais aussi Zach, seul au ukulélé, jouant The Penalty. "Et voilà !" "Bon." Ces gars-là sont beaucoup trop sympas. Oui, trop, car sur My Night With The Prostitute from Marseille, ils invitent les gens à monter sur scène: ça aurait pu être une bonne idée si les gens étaient un peu plus respectueux. Entre les cruches qui tournent le dos à Zach pour s'auto-prendre en photo avec Beirut en arrière-plan, Madame sans gêne qui veut faire une photo à côté d'eux pendant la chanson ("kikoo les copines, regardez ma photo facebook avec Beirut !"), le type pathétique à la chemise rouge ou encore celui qui fait semblant de jouer de la trompette à côté de Zach, je crois que le summum du ridicule fut atteint. Mais en faisant abstraction de tout ça, on pouvait remarquer que la chanson prenait de nouvelles directions, car pas de platine arty ici, juste Beirut et ses instruments traditionnels.
Pas beaucoup plus d'une heure sur la scène, mais beaucoup d'éclats de rire et des morceaux plein de sincérité aussi excellents en live que sur cd. Tout simplement beaucoup d'humanité et un éclair de magie.
Un concert qui efface les mauvais souvenirs des derniers à s'être brûler les ailes à l'expérience de la performance live (Animal Collective et sa bouillie sonore, pour ne pas les citer). Peut-être plus cher que mes derniers concerts, mais le prix en valait la chandelle.
Beirut, des amis qui vous veulent du bien.

Sortie officielle: 26 mai.