jeudi 17 décembre 2009

[LP] Local Natives - Gorilla Manor

Chaque personne est attirée par quelque chose de différent lorqu'il croise le chemin d'un nouveau groupe, avant même d'avoir entendu la moindre de ses notes.
Souvent, c'est le nom qui attire - ou repousse - l'auditeur. Qui n'a jamais été tenté de faire l'impasse sur un énième groupe en "The"...
Pour ma part, Local Natives ne partait ni bien ni mal, cela dit, pas de quoi avoir envie d'y perdre une heure. J'aurais pu passer à côté si la cover du dernier album n'avait pas été accolée à la description.



Juste une envie de cliquer, tout en m'attendant à quelque chose de tout autre, malgré l'indication artistes similaires = Band of Horses, Fleet Foxes. Effectivement, on retrouve des aspects de ces derniers au niveau des voix (les choeurs, bien sûr !), mais moins sur l'instrumentation, excepté sur l'excellent Warning Sign (cover très réarrangée de Talking Heads) qui aurait clairement pu être réécrite par la bande des barbus. On y retrouve également un côté Ra Ra Riot sur des morceaux comme Camera Talk et Stranger Things, plus guillerets, et quelques écoutes des albums de Yeasayer ne sont pas non plus à exclure (Cards & Quarters, par exemple).



Mais au-delà des influences probables du groupe, c'est un superbe premier album que les 5 gars de Silverlake, Californie, nous livre, et pas celui d'un enième groupe de folkeux comme les références pourraient le suggérer, bien loin de là. Assez hétérogène, mais un sens inné de l'harmonie, des voix aux tonalités chaudes et mélancoliques, une batterie inventive... L'exemple parfait sur Airplanes, Sticky Thread, Wides Eyes ou encore Shape Shifter (les plus beaux choeurs de tout l'album). Un seul petit bémol sur Who Knows Who Cares, largement dispensable.
Les Local Natives ont été repéré cette année au festival SXSW à Austin en partageant une soirée avec Elvis Perkins et Grizzly Bear, ainsi qu'en jouant divers shows gratuits dans les rues d'Austin, tout en espérant signer et sortir un album. Gorilla Manor, 12 chansons au total, est sorti le 2 novembre sur le label Infectious.

lundi 2 novembre 2009

our heart swells up which make us explode


Foals - Red Socks Pugie // A Take Away Show

mercredi 23 septembre 2009

The Middle East - Blood / I guess I'm floating

Depuis quelques mois, un blog reste indéniablement dans mes favoris, comme une sorte de bible à laquelle on revient toujours même après s'en être détournée quelque temps : I guess I'm floating.
La fine équipe, œuvrant sur blogspot, nous parle musique indé au gré des découvertes. Se succèdent donc mp3, live reports, infos diverses et même chroniques d'album en temps réel (voire récemment Family, le nouvel album de Le Loup, ou encore Bitte Orca des Dirty Projectors).

Il y a quelques jours, je suis tombée sur un post concernant la chanson Blood du groupe australien The Middle East.



Comme souvent sur IGIF, ça sonne folk intime et dépouillé, guitare acoustique et voix nuageuse dans le registre de Bon Iver, le xylophone en prime. Introspection, voyage initiatique, du vent dans les arbres. Puis les chœurs s'amplifient et la chanson est définitivement partie sur les traces de la meilleure ballade jamais écrite. Un peu de rêve et la magie d'une sublime vidéo d'animation. I guess I'm floating...



PS : En parlant de blood, un post plus récent nous offre aussi Wicked Blood de Sea Wolf, avec un côté ryhtmique et mélodique très très très Arcade Fire dès les premières notes, à ne pas louper non plus.

mercredi 19 août 2009

[Summer Song] White Rabbits - Percussion Gun

Le second album du groupe de Brooklyn White Rabbits, It's Frightening, est un peu passé inaperçu sur la toile ce printemps. Et pour cause, les perles telle que Lionesse me semblent plutôt automnales. Regarder à travers la vitre crasseuse du bus, essayer d'empêcher le vent de s'engouffrer dans sa veste, marcher sous les auvents pour éviter la pluie.



Rien à voir avec Percussion Gun, la titre d'ouverture de l'album, qui porte superbement son nom. Estivalement parfait, ça sent l'herbe fraichement coupée, le rire au bord de la piscine, le ciel tellement bleu qu'il fait mal aux yeux, l'imminence et le caractère urgent de la vie dont on ne profite jamais assez.

samedi 6 juin 2009

Bright Eyes - Lover I Don't Have To Love

Remontons à l'année 2002. A l'époque, Conor Oberst ne faisait pas toujours ce petit folk stéréotypé qu'il nous sert depuis 2 LP avec The Mystice Valley ("Outher South", sorti ce mois-ci).





Il préférait nous pondre une chanson telle que Lover I Don't Have To Love, pleine de susurrements délicats, saupoudrée de sous-entendus licencieux, limite glauque et si obsédante; provoquante.

Il a bien changé, l'ami Conor !

vendredi 8 mai 2009

< 06/05 > Beirut @ Cirque Royal

Cette année, à part Beirut et Andrew Bird, je dois dire que l'affiche des Nuits Bota ne me bottait pas vraiment. Quitte à devoir choisir l'un des deux, c'est pour Beirut que mon choix s'est porté: en effet, après l'avoir loupé 2 fois, la troisième fois devait être la bonne, qui de plus m'apportait une première visite au Cirque Royal de Bruxelles. Et histoire de ne pas encore laisser ce blog vide, je vous fait part des mes notes d'après concert (il faut bien s'occuper dans le train).


Après une attente prolongée à la gare du Nord, histoire d'attendre celle qui a la poisse au niveau de Tubize, notre retard était indiscutable. Mais quelques centaines de pas plus tard, le soulagement est grand: l'accès à un niveau acceptable est aisé et Mina Tindle n'a pas l'air d'avoir commencé depuis longtemps. D'abord un brin rébarbative, la demoiselle se contente de chantonner avec souvent comme unique support une instrumentation discrète - majoritairement de la guitare boyscout au coin du feu. Peut-être que c'est juste ma balance interne qui commence à pencher du côté de l'expérimental, au détriment du folk. Mais la prestation prend tout de même de l'ampleur lorsque ses comparses de scène la soutiennent, notamment à la batterie, ou quand Mlle Tindle attrape son mélodica. L'amateurisme de la petite bande fait sourire, bien loin de celui de Soko au Pukkelpop 08, qui frisait alors l'indécence. Tout de même étonnant comme ce petit monde fait bien peu de bruit, on serait presque gênés de chuchoter à l'oreille de sa voisine.
Frais, léger, délicat, la chanteuse ne va pas renverser les foules ni transcender les âmes, mais ça se laisse écouter comme un ruisseau qui berce. Plaisante démonstration (malgré l'aversion que je semble habituellement porter aux voix féminines).


21h02 et déjà Zach Condon et ses compagnons nous saluent, souriants. Dès le premier morceau, l'équilibre semble parfait, la voix s'envole vers la voûte et vibre intensément, suspendue en l'air. Avec l'apparition de la batterie, je crains un instant un chamboulement, mais le tout finit par se fondre élégamment malgré une résonance prolongée de la pédale. Même peur lorsque le contrebassiste troque son géant de bois pour une basse. Celle-ci restera un peu trop présente, mais cet infime inconvénient n'entacha en rien l'homogénéité générale, et la pureté du son me parut infinie. Un bon point pour le Cirque Royal.




The Concubine, Mount Wroclai, Postcards from Italy, A Sunday Smile, St Apollonia, Nantes... Elles seront quelques unes à y passer, peut-être un peu trop de The Flying Club Cup, peut-être pas assez d'atmosphères balkaniques si chères à Gulag Orkestar, peut-être pas assez de plaines mexicaines arides et de désespoir noir tellement représentatifs de March of the Zapotec. Mais laissons les peut-être de côté. Dès la première chanson, ce grand enfant joufflu et son voisin trompettiste (mais pas seulement, l'homme a beaucoup de cordes à son arc) entament unissons, contre-chants et multiples hymnes dignes du Beirut en pleine possession de ses moyens. L'accordéon relève merveilleusement le tout, un tapis de notes continu, et le trombone à coulisse (était-ce ça ? je m'y connais peu en cuivres, malheureusement) assure un renforcement mélodique sans faille. La maîtrise vocale se fait tantôt poignante et touchante, tantôt enjouée et engagée, mais quoiqu'il arrive, toujours puissante. Son français n'est pas aussi impeccable, mais tout de même déjà impressionnant: il aime notre langue, ça se voit autant dans ses commentaires que dans les titres de ses chansons.

"Je n'imaginais pas que la salle serait si grande. Je suppose que je dois dire merci, la Belgique" (en anglais). Et puis une intervention du trompettiste pour demander à la sécurité de ne pas confisquer les appareils photos. Comme cadeau: la Javanaise de Gainsbourg, délicieusement rétro, mais aussi Zach, seul au ukulélé, jouant The Penalty. "Et voilà !" "Bon." Ces gars-là sont beaucoup trop sympas. Oui, trop, car sur My Night With The Prostitute from Marseille, ils invitent les gens à monter sur scène: ça aurait pu être une bonne idée si les gens étaient un peu plus respectueux. Entre les cruches qui tournent le dos à Zach pour s'auto-prendre en photo avec Beirut en arrière-plan, Madame sans gêne qui veut faire une photo à côté d'eux pendant la chanson ("kikoo les copines, regardez ma photo facebook avec Beirut !"), le type pathétique à la chemise rouge ou encore celui qui fait semblant de jouer de la trompette à côté de Zach, je crois que le summum du ridicule fut atteint. Mais en faisant abstraction de tout ça, on pouvait remarquer que la chanson prenait de nouvelles directions, car pas de platine arty ici, juste Beirut et ses instruments traditionnels.

Pas beaucoup plus d'une heure sur la scène, mais beaucoup d'éclats de rire et des morceaux plein de sincérité aussi excellents en live que sur cd. Tout simplement beaucoup d'humanité et un éclair de magie.

Un concert qui efface les mauvais souvenirs des derniers à s'être brûler les ailes à l'expérience de la performance live (Animal Collective et sa bouillie sonore, pour ne pas les citer). Peut-être plus cher que mes derniers concerts, mais le prix en valait la chandelle.
Beirut, des amis qui vous veulent du bien.

dimanche 5 avril 2009

[LP] Grizzly Bear - Veckatimest

Quand on attend un album comme j'attendais le successeur de Yellow House et Friend, le risque de déception est plutôt élevé. Mais avoir peur d'être déçue aurait été oublier à quel point Grizzly Bear joue dans une catégorie supérieure au commun des mortels.

En effet, cet opus est loin d'être en-dessous de mes attentes. Il allie la continuité côté passion et exaltation grandiose, dans la lignée d'une chanson telle que On a Neck, On a Spit (Southern Point) et côté mélancolie extrême et intériorité représentée dans le style de Shift (Foreground, piano en tête et instru discrète); mais il apporte également un aspect peu représenté jusqu'ici chez les ours: la vivacité légère et joyeuse présente sur Two Weeks et About Face (qui n'en reste pas moins poignante).


On retrouve aussi avec un plaisir non dissimulé le choeur des voix vibrantes, puissantes et subtiles à la fois (à côté de ça, Fleet Foxes, c'est une blague) de Ed Droste (plutôt cristalline) et de Daniel Rossen (plutôt rauque), et particulièrement sur l'excellente Fine For Now et son désordre emporté, ainsi que sur Dory.
Une oeuvre facilement assimilable au courant romantique par sa sensibilité sans cesse mise en valeur et par son déluge de contrastes et de montées en puissance; limite symboliste par sa poésie et son coeur appelant à la rêverie et au songe comme sur Hold Still et I Live With You.

Un album dont même le morceau Chearleader, le moins bon à mes yeux, le moins propice au voyage et dont la montée me parait trop lente, reste tout de même d'une excellence auquelle la plupart des chansons entendues en ce début d'année 2009 ne pourrait jamais prétendre.

Veckatimest ou la délicatesse à son apogée: la confirmation que Grizzly Bear est devenu un groupe majeur de cette décennie.

Sortie officielle: 26 mai.

While you wait for the others